venerdì 8 giugno 2007

La vie et rien d'autre


Cara Habanera, ti ringrazio di avermi invitato come guest e lo farò volentieri. Comincio con la lettera che il comandante Delaplane (Philippe Noiret) invia a Irène de Courtil (Sabine Azèma), e che chiude il film La vie et rien d'autre (1989) di Bertrand Tavernier . Il film finisce con Noiret che cammina pensoso e lieto per la sua tenuta di campagna, e si ode la sua voce che dice la lettera meravigliosa. Metto l'immagine di Sabine Azèma, l'amica di Doisneau, la compagna di Resnais, che fa la pittrice in un film più recente. Il testo della lettera l'ho ritrovato per un fortunato caso su Wikipedia, che evidentemente a qualcosa serve.

Bédarieux, 6 janvier 1922

Irène, très chère Irène,

Votre lettre m'a donné une très grande joie parce qu'elle m'apportait un grand espoir. Enfin vous! Enfin quelques mots me rendaient votre voix, votre regard, l'émouvante silhouette de mes jours et de mes nuits de solitude! Dieu veuille que mon message vous atteigne à New York avant ce grand départ que vous m'annoncez pour le Wisconsin. J'ai eu du mal à le découvrir sur mon globe. Comment vous y retrouverais-je si vous aviez l'imprudence d'aller vous y perdre?
"Nouvelle vie" dites-vous, "nouvelles têtes, nouveau départ". Qu'avez-vous besoin de toute cette nouveauté, vous qui renouvelez si bien toutes choses et notamment le vieux cœur des vieux hommes?

Vous n'avez compris ni mon trouble ni mon silence. Ai-je compris moi-même? J'étais, je suis encore tremblant de mon immense tendresse, et votre véhémence, votre flamme me paralysaient... nuit effrayante dans mon souvenir. Il suffisait que je murmure les trois mots dont vous me lanciez le défi et je me suis tû. Aujourd'hui, je les crie cent fois par jour, de toutes les forces qui me restent, souhaitant qu'ils passent la formidable étendue qui nous sépare: je vous aime, oui je vous aime, à jamais.

Cet aveu vous donnera peut-être à rire après tant de mois de séparation. Il me soulage. Il m'assure que je suis vivant, en paix avec moi-même. Le reste n'est que broutilles.

J'ai pris de grandes résolutions. Par exemple celle de me séparer de l'armée, laquelle d'ailleurs n'a fait aucune difficulté pour me libérer. Et comme je n'ai de goût ni pour les villes, ni pour les cravates, j'ai regagné la terre de mon enfance où je dispose d'une maison de famille entourée de quelques hectares de rocaille et de vignoble.

Je vous offre, sans trop d'illusion, cette royauté dérisoire.

Il est dix heures du soir. L'air sent bon le crottin, la menthe et le caramel parce que j'ai fait tomber du sucre sur ma cuisinière. Demain matin j'irai voir si les sangliers de mon petit bois sont partis pour l'Espagne et je commencerai d'attendre, de vous attendre. J'attends déjà. Je n'attendrai pas plus de cent ans. Mettons cent un ans.

Postcriptum: C'est la dernière fois que je vous importune avec mes chiffres terribles. Mais par comparaison avec le temps mis par les troupes alliées à descendre les Champs Élysées lors du défilé de la Victoire, environ trois heures je crois, j'ai calculé que dans les mêmes conditions de vitesse de marche et de formation réglementaire, le défilé des pauvres morts de cette inexpiable folie n'aurait pas duré moins de onze jours et onze nuits. Pardonnez-moi cette précision accablante.

À vous, ma vie...

5 commenti:

habanera ha detto...

Je suis enchantée, mon ami!
Merci et bienvenu.

habanera

Solimano ha detto...

Habanera, nella lettera che chiude La vie et rien d'autre ci sono due cose che mi hanno colpito molto, anzi, mi hanno commosso.
La prima è la passione vera che il comandante Delaplane nutre verso Irène, una passione generosa, quasi allegra, assolutamente non lagnosa. Nota bene: lui non sa se è ricambiato o no, ma il suo amore ha una pienezza che in un certo senso gli basta (in verità il suo inconscio credo sappia che è ricambiato).
La seconda è il grande senso dell'umorismo e di autoironia che si sente in quasi tutte le righe.
Queste due cose sono già rare di per sé, ma sono rarissime insieme, perché un appassionato non è generalmente ironico, ed uno ironico non è appassionato.
Ma nella lettera queste due cose coesistono e l'una rafforza l'altra, per questo dico che è una lettera meravigliosa.
Sarei veramente curioso di sapere chi l'ha veramente scritta, approfondirò quando deciderò di inserire il film in "Abbracci e pop corn".

buona serata
Solimano

baotzebao ha detto...

formidable! chapeau et bisous!

baotzebao ha detto...

baotzebao è qui, su wordpress, adesso

http://baotzebao.wordpress.com/

scusate pardon

bao

ps le felicitazioni sono confermate, però

habanera ha detto...

Bao, non capisco la tua precisazione, non sei sempre stato lì, all' indirizzo che hai segnalato? Mi sembra che corrisponda al link che ho messo per il tuo blog "a vànvera".

Grazie per la tua graditissima visita e per le felicitazioni. A presto
habanera